Le cycle menstruel est souvent réduit à l’idée des règles, mais en réalité, il s’agit d’un mécanisme bien plus complexe qui se décompose en quatre grandes phases. Chacune joue un rôle précis dans le fonctionnement de notre organisme, influençant non seulement la fertilité, mais aussi notre énergie, nos émotions et notre bien-être global.
Lorsqu’on vit avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), ces phases peuvent être modifiées, plus longues, ou parfois absentes. Comprendre ces particularités est essentiel pour mieux écouter son corps, anticiper ses besoins et apaiser certaines inquiétudes.
1. La phase menstruelle (les règles)
C’est la phase la plus visible du cycle. Les menstruations durent en moyenne 2 à 7 jours. Le flux n’est pas composé uniquement de sang : il contient également du mucus cervical, des sécrétions vaginales, du tissu utérin et des anticoagulants naturels qui facilitent son écoulement.
Les règles surviennent lorsque la fécondation n’a pas eu lieu : l’endomètre (la paroi interne de l’utérus) se détache et s’évacue.
Ce processus physiologique s’accompagne de la libération de molécules pro-inflammatoires, responsables de la desquamation de l’endomètre. C’est ce mécanisme qui peut provoquer des tiraillements, de la fatigue, des maux de tête ou encore des variations émotionnelles.
À noter : si les douleurs sont si intenses qu’elles empêchent la réalisation des activités quotidiennes et/ou nécessitent une prise régulière de médicaments, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin de faire le point sur la situation.
👉👉 Avec le SOPK, les règles peuvent être très irrégulières : parfois très abondantes après une longue absence (l’endomètre ayant eu plus de temps pour s’épaissir), ou au contraire très légères. Certaines femmes peuvent rester plusieurs mois sans règles, ce qui complique le suivi du cycle et l’évaluation de la santé hormonale.
2. La phase folliculaire
Cette phase varie d’une personne menstruée à une autre. Sous l’influence d’hormone plusieurs follicules se développent, mais un seul est censé arriver à maturité.
C’est une période souvent associée à un regain d’énergie et à une meilleure concentration.
👉👉 Dans le SOPK, cette phase est généralement la plus perturbée. Les ovaires produisent de nombreux petits follicules qui ne parviennent pas toujours à maturité.
Résultat :
• la phase folliculaire s’allonge,
• l’ovulation peut être retardée, voire absente,
• le corps peut tenter plusieurs ovulations sans succès, ce qui explique des cycles très longs et imprévisibles (parfois 40, 60 jours, ou plus).
3. La phase ovulatoire
L’ovulation correspond à la libération de l’ovule par le follicule, sous l’effet des hormones. L’ovule reste disponible pendant environ 24 heures, période où la fécondation est possible. C’est souvent un moment où l’on ressent une énergie accrue, une libido plus forte et parfois des sensations physiques comme une légère douleur d’ovulation.
👉👉 Dans le SOPK, l’ovulation n’est pas systématique. Certaines femmes ovulent occasionnellement, d’autres très rarement. C’est l’une des raisons principales de l’infertilité liée au syndrome. Reconnaître les signes d’ovulation (modification de la glaire cervicale, température corporelle basale, douleurs légères au bas-ventre) peut aider à mieux comprendre son cycle, même s’il reste imprévisible.
4. La phase lutéale
Après l’ovulation, le follicule se transforme en corps jaune qui produit de la progestérone. Cette hormone prépare l’utérus à accueillir un embryon. La phase lutéale dure normalement 12 à 16 jours.
Deux cas de figure se présentent :
• s’il y a fécondation, l’endomètre se maintient pour permettre l’implantation,
• en l’absence de fécondation, le corps jaune régresse et les règles apparaissent.
👉👉 Avec le SOPK, la phase lutéale peut être perturbée. Quand l’ovulation n’a pas eu lieu, il n’y a pas de véritable corps jaune, donc la production de progestérone est insuffisante.
Cela entraîne :
• des déséquilibres entre œstrogènes et progestérone,
• un endomètre qui peut continuer à s’épaissir sans se renouveler correctement.
Un cycle « classique » dure entre 21 et 35 jours. Avec un SOPK, il n’est pas rare d’avoir :
• des cycles très longs (au-delà de 40 jours),
• une absence d’ovulation (cycles anovulatoires),
• des règles espacées ou imprévisibles.
👉👉 La phase qui s’allonge le plus est la phase folliculaire, car le corps tente de préparer une ovulation qui ne survient
pas toujours. Cela peut générer une certaine frustration, mais aussi un sentiment de perte de contrôle.
Pourquoi observer son cycle est précieux avec un SOPK ?
Même si le cycle peut sembler chaotique, il existe toujours un langage corporel à décoder : variations de la glaire cervicale, température, symptômes physiques ou émotionnels. Tenir un journal de cycle (fleur de cycle, cyclogramme,…) ou utiliser une application de suivi (attention aux applications prédictives) permet de mieux comprendre ses propres schémas, de repérer ses périodes d’ovulation éventuelles et d’anticiper ses menstruations.
En comprenant mieux son cycle, on apprend à mieux écouter son corps et à vivre chaque phase avec plus de bienveillance, même dans le contexte particulier du SOPK.
Chloé Le Guilloux – Éducatrice menstruelle et ambassadrice Kiffe ton cycle
